L’opportunité m’a été offerte de m’exprimer sur le brûlant sujet de la corruption devant l’évêque de Tsiroanomandidy, Monseigneur Gabriel, ainsi que les 50 prêtres œuvrant dans le diocèse. L’effort de chacun à dénoncer fermement ce fléau fera « tache d’huile » me confia le prélat.
Tana – Tsiroanomandidy
Sœur Thérèse, responsable de la Communauté des Sœurs Missionnaires de l’Evangile, remercie chaleureusement notre association pour l’aide apportée aux financements de parrainages d’enfants orphelins pauvres et l’achats de médicaments pour les détenus. La prison dont s’occupe les religieuses « déborde » de prisonniers ; 500 mineurs et plus de 1200 adultes. Les conditions d’internement de ces détenus sont effroyables ; l’exigüité des locaux ne permet pas aux prisonniers adultes de se coucher. La galle et la tuberculose font rages. La nourriture se résume à un repas/jour, du manioc, souvent mal cuit. Les décès sont nombreux ; problèmes respiratoires, chaleur suffocante, absence d’hygiène. Les défunts, sans famille connue, sont enterrés comme des chiens. Les Sœurs sont là pour préserver un peu d’humanité, pour prodiguer des soins, pour enseigner la catéchèse et sauvegarder un tant soit peu le moral de ces êtres humains souvent en détention préventive, peut-être innocents, mais sans moyens financiers pour se défendre.
En passant dans le bidonville pour aller rendre visite au curé de la paroisse, Sœur Thérèse m’invite à faire connaissance avec Christy, le papa de trois enfants scolarisés grâce au don reçu de notre association. Cet homme, pauvre, a été sauvé de la mort grâce aux religieuses. Il était atteint de bilharziose sévère, rendant son ventre comme une baudruche. Cette famille de six personnes, dont la grand-maman, loge dans une masure d’environ 14 m2.
210 km séparent la capitale à Tsirosnomandidy où je me rends aujourd’hui. Le départ du taxi-brousse est prévu à 08.30 h. Beaucoup de vendeurs de pacotilles, pauvres, tentent de gagner quelques sous pour acheter le repas du jour. Il est midi, il manque encore trois passagers pour occuper les derniers sièges encore libres. Le temps suffit pour manger une soupe en compagnie de deux miséreux. Ouf, le bus démarre à 13.00 h, juste avant qu’une pluie torrentielle, accompagnée par moment de petits grêlons et de vents violents s’abattent sur la région. Tsiroanomandidy apparaît, il est 19.00 h. Le dicton « le temps c’est de l’argent » n’est pas coutumier ici, mais plutôt « ne compte pas le temps qui passe » !
L’opportunité m’a été offerte de m’exprimer sur le brûlant sujet de la corruption devant l’évêque de Tsiroanomandidy, Monseigneur Gabriel, ainsi que les 50 prêtres œuvrant dans le diocèse. L’effort de chacun à dénoncer fermement ce fléau fera « tache d’huile » me confia le prélat.
La Communauté des Sœurs Ursulines à Tsiroanomandidy à plaisir de souligner et de remercier notre association pour le soutien constant apporté ces dernières années. Un nouvel appel à l’aide nous parviendra pour l’assistance à la pension et à l’écolage de quatre orphelins de pères et mères.
François
