2025 Tana – Antsirabe
En me rendant au petit déjeuner, deux enfants (5 et 7 ans ?) sont là couchés sur le trottoir, leur domicile quotidien. La plus jeune pleure, elle est blessée à la cheville. Cette blessure, sans soins, dans l’insalubrité de la rue, peut entraîner la mort. En chemin vers l’hôpital de l’enfance, une troupe de jeunes nous encercle et voilà que mon appareil photo disparaît !
Etonnamment, l’on ne peut pas soigner cette blessure dans ce centre hospitalier, il faut se rendre à l’hôpital universitaire, loin d’ici, en subissant les embouteillages quotidiens. Il n’y a pas de médecin aux urgences. Il faudra parcourir de longs couloirs obscurs, d’un service à l’autre, avant de trouver un médecin, deux heures après notre arrivée. Les petites ont soif, il n’y a pas d’eau dans tout l’hôpital, il faudra trouver un kiosque pour acheter de l’eau en bouteille. L’auscultation et les soins s’effectuent dans une salle insalubre, puante, avec un homme à proximité qui gît dans son sang. Les médicaments sont achetés sur place, mais si tu n’as pas d’argent, tu quitteras l’hôpital comme tu es arrivé. Il faudra changer les pansements tous les deux jours, deux aimables infirmières s’en chargeront. On fera tout pour que ces deux pauvres innocentes, trouvent place dans un orphelinat et fréquentent l’école. A suivre !
168 kms séparent la capitale à Antsirabe. Il faudra plus de sept heures pour parcourir cette distance, entre les embouteillages et l’état catastrophique de cette route nationale (RN 7), seul axe routier nord-sud de l’île.
Sœur Marguerite est la responsable de la Communauté des Filles de la Charité à Antsirabe. Elle est également Conseillère nationale des Jeunesses mariales, en compagnie d’un prêtre et d’un laïc. Elle est souvent en déplacement, mais ses Consœurs s’occupent magnifiquement des 22 handicapés opérés le plus souvent des pieds-bots. Elle sensibilise les jeunes à défendre la justice, à dénoncer ce grand fléau, la corruption. Les frais de déplacements sont chers et les moyens financiers très faibles ; des sponsors viendraient-ils à sa rescousse ?
Sœur Victoire, responsable de la Communauté du Sacré-Cœur de Jésus de Raguse remercie chaleureusement notre association pour l’aide apportée à la pension de 56 orphelins. Ces jeunes, souvent sans parent connu, résident toute l’année au Centre et fréquentent les écoles de la Communauté, de la maternelle au lycée. L’insécurité crée de grands soucis aux religieuses ; quatre vols en douze mois, beaucoup de volailles et même l’unique téléviseur, situé au premier étage. Notre association fera tout son possible pour renouveler son aide à tous ces jeunes sauvés de la rue.
