Un grand cœur malgré la pauvreté

2025 Ambositra

En cherchant mon chemin pour me rendre à l’évêché, un homme m’accompagne ; c’est un ancien gendarme qui a démissionné de son poste, dégouté qu’il était par la corruption qui régnait dans tout le Ministère. Le hasard fait bien les choses puisque je me rendais justement pour parler de cette problématique avec l’Evêque qui est malheureusement à l’étranger pour se soigner. Mais c’est le Vicaire Général qui m’a reçu, homme très sensible et ému du contenu de nos discussions.

« Vos ordinateurs nous facilitent grandement la tâche », s’exclame Sœur Lucile, responsable des écoles à la Communauté des Ursulines à Ivato, petite ville située à 15 kilomètres d’Ambositra. « Les enseignants ont suivi des cours informatiques et aujourd’hui ce sont les élèves qui bénéficient de leurs connaissances ». Dix lampes solaires complètent également le don des ordinateurs ; elles servent principalement à la promotion féminine et aux retraites dans les petites églises de brousse, orphelines d’électricité. Sœur Marie Zoé, infirmière et responsable du dispensaire, constate que de plus en plus d’enfants malnutris viennent en consultation. Le riz est trop cher, on se contente souvent de manger un seul repas par jour, du manioc. Une maman était là l’autre jour avec son enfant d’un an et demi ; il pesait 5 kilos. Les panneaux solaires installés en 2021 fonctionnent bien, mais le très vieux frigidaire « épuise » les batteries la nuit. Une demande d’aide pour l’achat d’un nouveau frigidaire, économe en énergie, nous parviendra prochainement avec quelques acquisitions de petits mobiliers.

 

 

56 filles suivent actuellement une formation d’une durée de deux ans sur la couture principalement, mais aussi dans les domaines de l’art ménager et du jardin potager. « C’est un peu leur seconde chance, m’indique Sœur Apolina, responsable de la Communauté des Sœurs Maristes à Ambositra, elles ont échoué à l’école et les parents voudraient le plus souvent les marier, une bouche ainsi de moins à nourrir « ! Depuis plusieurs années, notre association offre des machines à coudre aux couturières affirmées ayant achevé leur formation. Le retour est très positif, les parents ont participé quelque peu à l’achat et beaucoup gagnent leur vie avec la machine, en travaillant le plus régulièrement à la maison. L’aide pour l’acquisition de machines à coudre se poursuivra ainsi que pour l’achat « d’agenouilloirs » pour la petite chapelle du Centre. Une cantine est organisée trois jours/semaine en faveur des enfants défavorisés du quartier ainsi que pour les mendiants. La Communauté est pauvre, mais elle a un GRAND CŒUR pour les plus démunis.